Prendre sa place dans les rangs


De nombreux organismes travaillent à la réintégration dans la société. Ils offrent de nombreux outils concrets (à Waska, on aime ça) et parmi ceux-ci, je peux vous mentionner La Baratte, Le Piolet et une longue liste qui déroule le long du couloir. Sans s’enfarger dedans, on va se tourner vers un autre aspect de l’intégration sociale : les gestes autonomes. Le mot «autonome» est aussi un tic verbal waskan.

L’insertion, c’est lorsqu’un organisme aide une personne à prendre sa place dans les rangs. Qu’en est-il de l’implication personnelle d’un individu dans son intégration? Ça ne fonctionne pas comme de l’osmose inversée dans la production de sirop d’érable, cette affaire-là. Il faut que le principal intéressé s’aide s’il veut que le ciel l’aide. Et que ça aboutisse à un produit durable!

Je vais vous parler d’un gars qui ne s’aidait vraiment pas à s’autonomiser. Il me donne la permission d’en jaser avec vous puisque c’est de moi dont il s’agit. Prenant l’exemple de ce moyen moineau, voyons les blocages qui nuisent à l’autonomisation et, bien entendu, à prendre les rangs sur l’autoroute de la vie :

  • LA CULPABILITÉ. Pour ma survie personnelle, j’ai dû modifier mon horaire de travail. La réalité du milieu de travail veut que l’ancienneté prévaille et que les collègues dont le rang d’embauche se trouve plus bas dans la liste, se retrouvent ainsi bousculés. Je me suis bien sûr senti coupable jusqu’à ce qu’on réussisse à me convaincre que TOUT LE MONDE bénéficie du même privilège, que ç’aurait été la même histoire pour n’importe quel employé et que c’est un droit garanti par le principe de l’ancienneté. Combien de fois ai-je pris de mauvaises décisions par culpabilité? Peur de déplaire, de blesser autrui, d’entendre la désapprobation.
  • CHANTAGE ÉMOTIF DES PAIRS. J’admets! J’ai longuement été le maudit poisson qui pogne à l’hameçon du chantage émotif. Ça m’a valu deux ou trois excès de fatigue, de nombreux troubles de santé et la démotivation qui, bien entendu, entravent l’autonomisation. Lors de mon dernier changement d’horaire, j’ai eu à faire face à une collègue boudeuse pendant plusieurs mois. Elle voulait que je souffre de ma décision. Comme un stupide, j’ai souffert de ce qui améliorait ma vie. No more, my friend!
  • LE DÉSORDRE. À tête reposée, je suis conscient du bienfondé d’être ordonné et je sais comment faire. Dans l’action, je suis le plus mauvais jongleur avec les oranges que la vie me donne. La fatigue me rend incapable de me mettre en ordre et le désordre me fatigue au point de ne pas pouvoir m’ordonner. Maudit cercle vicieux! Je me suis payé un temps d’arrêt pour faire un grand ménage. Ensuite, n’ayant plus le mur de débris qui m’empêche d’avancer, je n’ai qu’une mise à jour d’entretien à effectuer. Un gros poids de moins sur les épaules.
  • SE DÉSINTOXIQUER DE L’ADRÉNALINE. L’adrénaline est une drogue toxique. C’est à elle qu’on doit l’existence du stress humain. Le manque d’énergie me poussait souvent à vivre constamment à la dernière minute. Chaque fois, je regardais l’heure et, devant l’imminence d’un retard, je m’autorisais une bonne dose d’adrénaline pour défier la montre. Courir un kilomètre à – 30°C pour attraper un autobus en trois minutes, par exemple, peut être sérieusement mortel! J’ai quarante-quelque et un bedon; c’est un pensez-y-bien.
  • DIFFÉRENCIER DÉPENDANCE ET AUTONOMIE. Accepter de l’aide, ce n’est pas devenir dépendant. Encore ici, il faut faire preuve de jugeotte. Une aide ponctuelle qui constitue un tremplin pour conserver son autonomie est bien sûr très sain. Si le coup de main consiste à fournir l’énergie nécessaire à long terme pour survivre, c’est suceptible de se transformer en dépendance. Beaucoup trop de gens refusent de l’aide par peur de perdre [entièrement ou partiellement] le contrôle sur leur vie.
  • L’ORGUEIL. La fierté est saine et nécessaire à la vie heureuse. Ça bloque quand on s’empêche d’améliorer son sort en se demandant ce que les autres vont en penser, ce qu’ils vont dire. Certains vont refuser l’admission de certains torts en ayant peur qu’aux yeux de leurs admirateurs, ce soit interprété comme un constat d’échec, un cul-de-sac, la mort d’un rêve, la déclaration d’incapacité. L’orgueil sain est celui de l’individu qui se targue d’apprendre de ses erreurs.

Le billet devient long mais – je pense – tout le monde comprend le principe. Waska intègre ces ingrédients à sa recette de philosphie W, pour ses membres.

Publicités

A propos Jean-François Néron / Waska.org

Directeur général et guide-mentor chez «Waska, autonomie et services techniques communautaires» (Waskaquébec), une entreprise d'économie sociale œuvrant sans but lucratif à aider ses membres à acquérir l'autonomie socio-économique, à se concerter et à s'entraider pour bâtir leur prospérité. General Manager and Guide-Mentor at "Waska, autonomie et services techniques communautaires" (Waskaquébec), a non-profit, social economy enterprise helping its members acquire autonomy, collaborate in harmony and perform mutual help in building their prosperity.
Cet article a été publié dans apprendre, autodétermination, autonomie, bonheur, communauté, individu, pauvreté, philosophie w, québécois w. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Exprimez-vous!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s